Critique globale
L’œuvre de Cécile Bonduelle se déploie dans un champ où matière, corps et territoire agissent comme des forces actives.
Sa sculpture ne cherche pas à imposer une forme mais à ouvrir des situations où quelque chose peut advenir. À partir de gestes simples : percer, nouer, suspendre, suturer, tisser, l’artiste engage un dialogue physique avec la matière. Bois saturés de sel, granites, fragments de navires ou objets du quotidien portent déjà une histoire : son travail consiste à déplacer leur charge pour en révéler les tensions.
Le fragment constitue un motif récurrent de son travail. Loin de signifier la ruine, il devient une possibilité de transformation et de lien : ce qui demeure peut être déplacé, assemblé, remis en jeu.
La pratique de Cécile Bonduelle s’organise en cycles, où gestes, formes et situations circulent de l’intime au collectif. Ses œuvres se tiennent souvent dans des zones intermédiaires, des seuils où équilibre et bascule, réparation et fracture, contrôle et abandon coexistent. Elle crée des formes et des situations qu’elle maintient au plus près du point de bascule, là où plusieurs devenirs restent encore possibles.
À travers ces expériences, l’artiste ne propose pas de solution : elle installe les conditions d’une épreuve du réel, où la matière, les lieux et les relations deviennent les partenaires d’une pensée en mouvement.
