Ce qui dévie crée l’espace.
Ce qui tombe ouvre un passage.
Entre les deux, un geste minime décide du monde.
Pour Épicure et Lucrèce, le clinamen désigne la légère déviation qui permet à un atome, dans sa chute, de changer de direction.
Un mouvement presque invisible, mais qui engendre la rencontre, la matière, la naissance d’un monde.
Dans mon travail, ce clinamen est un geste.
Suspendre une pierre, tendre un fil, provoquer un interstice dans un territoire, un décalage dans une pensée.
Peut-être pour tenter de relier différentes dimensions.
Il n’explique pas : il ouvre une direction nouvelle.
Le clinamen interroge :
Ce qui accroche ?
Ce qui glisse ?
Ce qui naît ?
Ce qu’on laisse aller ?
Ce qu’on accompagne ?
Entre ces forces contraires, je cherche ce qui advient.