Autour du cycle PEAU COMMUNE

Regard d’ensemble

Avec PEAU COMMUNE, la matière se fait lien.

De la maille partagée aux fibres dispersées, de la promiscuité à la distance, chaque œuvre éprouve ce passage fragile entre le corps collectif et le corps singulier. Les gestes de couture, de découpe, de suspension ou de tissage rejouent sans cesse la tension entre appartenance et séparation, entre l’élan de se relier et la nécessité de se dégager.

Dans ce cycle, la laine, matière vivante, poreuse, mémorielle, devient un fil conducteur : elle relie autant qu’elle retient.

Les structures de métal, quant à elles, imposent leur rigidité, leur mémoire de forme, comme des architectures du contrôle. De leur dialogue naît un champ vibratoire où la question du lien se déplace : faut-il tenir pour exister ensemble, ou s’écarter pour respirer ?

Les œuvres se succèdent comme des états de métamorphose : PEAU COMMUNE rassemble, LA TRAÎNE emporte, MORS retient, À LA TIENNE libère, BASCULE suspend. Elles tissent une pensée du corps collectif en mutation, un corps social, émotionnel, politique. Chacune interroge ce que Cynthia Fleury appelle « la condition d’individuation dans le commun » : comment exister sans se dissoudre, comment relier sans enfermer.

Ce cycle prolonge ainsi mes recherches sur les formes de l’altérité et de la résonance :

L’expérience d’être traversée par les autres, par le monde, par la matière elle-même. PEAU COMMUNE devient alors une figure de transition, une respiration partagée, avant de laisser place à d’autres gestes, d’autres alliances, d’autres peaux à venir.