Autour du cycle SORTIR DE LA FORÊT - 2022
Regard d’ensemble
Cette série de vingt et une rames transformées poursuit une réflexion sur le lien, la direction et le contrôle.
Elles se transforment entre mes mains en objets ambivalents. Chaque rame porte le souvenir du geste qui la met en mouvement.
D’une pièce à l’autre, je réoriente le geste et la rame tout à la fois : je les cloue, les tisse, les suspends, les fige ou les assouplis. La matière capte la fatigue, la patience, le souffle.
De l’injonction à la dérive, du formatage à la liesse, chaque œuvre trace une variation ballottée entre la puissance et la vulnérabilité.
- Dérive explore la mécanique du contrôle.
- Formatage en montre la discipline.
- Injonction dénonce la verticalité du pouvoir.
- Pétole, Molle ou Liesse laissent place à l’épuisement ou à la libération du geste.
- Ancrage et L’Âme ouvrent sur l’équilibre entre gravité et élan.
Autrement dit, je déplace le symbole de la rame, outil de propulsion, de direction, vers un territoire existentiel et politique : la rame comme métaphore de nos façons d’entrer en relation avec ce qui nous entoure, dans cette zone de friction entre action contrainte et mouvement libre.
Ces rames offrent une grammaire de gestes et de métamorphoses. Ce cycle propose une traversée : sortir de la confusion, vers une conscience du geste.
Sous cette surface formelle, on peut lire un manifeste du vivant, où la matière (bois, fer, mousse, béton) devient langage des corps sociaux : blessés, soumis, résistants, persévérants, respirants. Sortir de la forêt, n’est-ce pas accepter de perdre la direction pour retrouver la présence ?
